Quelle est la morale de la fable le lièvre et la tortue - Jean de la fontaine
Des générations entières de petits français et françaises se sont soumis à l'exercice angoissant, à l'épreuve emplissant les joues de timidité, nous avons nommé la récitation. Un silence de mort régnant sur la classe, le regard des élèves fuyant celui du maître ou de la maîtresse craignant qu'un simple contact ne les verrait tout désignés pour rentrer dans l'arène des regards inquisiteurs, des oreilles attentives et des rires étouffés. Qui n'a pas récité l'Albatros de Baudelaire ou encore la fable le lièvre et la tortue de Jean de la Fontaine ? Des artistes dont le talent leur a permis de survivre des siècles durant, survivant grâce à leurs écrits, s'immortalisant par leur plume dont les vers ont dérouté le temps qui passe, leur pensée n'ayant cure de la mort elle-même par sa subsistance et son inscription dans les siècles. Immortels de l'esprit, immortels sans vie, nous voilà trifouillant vos écrits avec pour unique envie, celle de saisir votre essence sans la cuire à point, car il est de savoir commun que le feu brûle le génie.
Dans cet article de toutCOMMENT, nous nous pencherons sur la question suivante : Quelle est la morale de la fable le lièvre et la tortue.
Qui est Jean de la Fontaine
Rappelons en quelques mots, si vous le permettez, qui était cet écrivain, nommé Jean de la Fontaine. Il est né à Château-Thierry le 8 juillet 1621 et s'est évanoui le 13 avril 1695 dans cette belle ville qui est Paris. C'est un des poètes français les plus réputés, principalement connu pour sa pléthore de fables mettant en scène des animaux. Il est très important de comprendre ce qu'est une fable avant de se lancer dans l'analyse d'une, tout comme il est essentiel de savoir ce qu'est l'alphabet afin d'écrire sa plus belle poésie.
Qu'est-ce qu'une fable ?
Une fable est une courte histoire teintée d'humour, le plus souvent écrite en vers. Elle a pour but de distraire le lecteur tout en l'instruisant : c'est pourquoi elle se conclut sur une leçon que l'on appelle la morale.
Jean de la Fontaine vivait donc sous Louis XIV, à une époque où la liberté créatrice n'était pas sensiblement la même que celle d'aujourd'hui. Si, par ses écrits, un artiste désirait émettre une critique, il valait mieux se montrer malin et la dissimuler. La malice se niche dans la dénonce déguisée, sous couvert de bons mots et de situations pittoresquement théâtrales, Jean de la Fontaine dénonce la société du roi Soleil. À cet exercice, Jean de la Fontaine se voit là érigé en maître car les héros de ses fables lui permettent de critiquer les acteurs principaux de la société dans laquelle il vit.
Dans le prochain paragraphe, nous vous mettons une copie de la fable le lièvre et la tortue. Continuez votre lecture pour découvrir Quelle est la morale de la fable le lièvre et la tortue.
La fable : le lièvre et la tortue
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. — Sitôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l'animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. À la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?
Résumé de la fable le lièvre et la tortue :
Avant de vous énoncer la morale de cette célèbre fable de Jean de la Fontaine, il nous paraissait important de vous en faire un résumé succinct afin que vous sachiez où vous mettiez les pieds !
Tout part d'un défi lancé par la tortue au lièvre, une course effrénée pour laquelle la tortue parie au lièvre qu'il sera incapable d'atteindre un point nommé avant elle. Le lièvre s'amuse de la témérité de la tortue et accepte le défi ! Il n'avait que quatre pas à faire pour clamer sa victoire, mais il s'avère qu'il prend son temps, broute, fait la sieste et ne prend pas au sérieux son adversaire. La tortue quant à elle va "de son train de sénateur" et "se hâte avec lenteur" à tel point qu'elle est sur le point de franchir la ligne d'arrivée. À la voir si proche de gagner, le lièvre se hâte, mais tous ses efforts sont vains, il ne sera pas capable de rattraper la lente tortue.
Il est intéressant de noter que la fable dépeint non seulement une simple course, mais aussi une réflexion plus profonde sur la nature humaine. En effet, le lièvre représente l'arrogance et la présomption, tandis que la tortue incarne la détermination et la constance. Ainsi, cette histoire transmet un message universel et intemporel sur l'importance de l'humilité et de la persévérance.
Analyse de la fable le lièvre et la tortue :
Cette fable est découpée en plusieurs parties : le défi lancé par la tortue, la bataille pour vaincre et la victoire de la tortue ou la défaite du lièvre. Dans cette fable, on assiste à une confrontation entre le talent naturel du lièvre, qui est le vecteur et le générateur de sa vanité, et le travail et la persévérance de la tortue, qui est bien moins talentueuse que le lièvre pour la course mais qui finit par gagner grâce à sa force de travail et son envie de réussite. Avec cette fable, Jean de la Fontaine est en train de nous dire que le don n'est rien sans travail, que le talent n'est que fumée comparé au travail acharné.
En outre, cette fable peut être vue comme une critique sociale subtile de l'époque de la Fontaine. Elle met en lumière les inégalités et les préjugés en soulignant que la réussite n'est pas toujours le fruit de la capacité innée mais plutôt du travail constant et déterminé. En effet, la tortue, bien que lente, persiste dans son effort, évoquant ainsi la notion de méritocratie et de justice sociale.
Après cette brève analyse, dans la suite de notre article Quelle est la morale de la fable le lièvre et la tortue - Jean de la fontaine, nous vous expliquerons la morale de cette si célèbre fable !
Le lièvre et la tortue : Morale
La morale de cette fable le lièvre et la tortue nous est énoncé dès le premier vers :
"Rien ne sert de courir ; il faut partir à point."
Il est plus que malin de nous dire la morale de cette fable dès le début afin que le lecteur sache qui plus ou moins supporté lors de la lecture, car l’instigatrice de ce défi n'est autre que la tortue :
"Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but-"
Sans l'annonce de la morale dès le début, le lecteur serait confus et pourrait être amené à penser que la tortue est folle de provoquer un lièvre en course à pied. Cependant, ceci dit, on a envie que la tortue gagne la course et qu'elle cloue le bec au prétentieux lapin. Le défi de la tortue est des plus surprenants et se mesure au lièvre d'égal à égal. Le lièvre, certain de gagner, méprise la tortue et passe le temps à s'amuser et perd son temps, cependant la tortue est persévérante et pendant que le lièvre flâne ici et là, elle avance petit à petit et finit par battre le lièvre à la course. Jean De la Fontaine termine ici sa fable avec un soupçon d'humour :
"Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?"
Et au final, Quelle est la morale de la fable le lièvre et la tortue ?
La morale de la fable le lièvre et la tortue "Rien ne sert de courir ; il faut partir à point" prend tout son sens. Peu importe la vitesse et les capacités, afin de réussir quelque chose, mieux vaut temps et persévérance (comme la tortue) que prétention en ses capacités innées (lièvre). Cette morale résonne encore aujourd'hui, nous rappelant l'importance de l'effort soutenu et de la résilience dans nos quêtes personnelles et professionnelles.
Espérant que cet article Quelle est la morale de la fable le lièvre et la tortue vous a plu et si vous êtes un fan des fables de Jean de La Fontaine, nous vous conseillons de faire comme la tortue et de persévérer dans votre passion :
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