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Quelle est la morale de Candide de Voltaire

Par Rafadam. Actualisé: 20 janvier 2017
Quelle est la morale de Candide de Voltaire

Nous présenterons ici une analyse littéraire de la fin de Candide ou l'Optimisme et la morale qu'on peut en tirer. Candide ou l'Optimisme est le chef d'oeuvre de Voltaire (1694 - 1778). Commençons notre fiche de lecture en disant que le vrai nom de Voltaire est François-Marie Arouet et que c'est un écrivain et une figure importante du siècle des lumières. Il a mené un combat contre fanatisme religieux, en revendiquant la tolérance et la liberté d'expression. Il fréquentera les monarques de son siècle et tentera d'exercer une influence sur leurs décisions politiques. S'il défendra la cause des petites gens, il ne cachera pas non plus son dédain pour le peuple : il prônera une monarchie éclairée et libérale, non une démocratie.

Autre contradiction du personnage : son caractère rieur, parfois mesquin, surtout envers la personne de Jean Jacques Rousseau. Son oeuvre littéraire n'en est pas moins conséquente et ses contes philosophiques sont passés à la postérité : Zadig et Candide entre autres.

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La fin de Candide en résumé

Le chapitre 29 de Candide

Cunégonde est devenue laide après avoir été réduite en esclavage par des Turcs. Candide l'a retrouve et tient promesse en l'épousant, malgré sa laideur. Mais le baron refuse la main de Cunégonde, sa soeur, en dépit des bonnes actions de Candide.

Interprétation du chapitre

Voltaire dénonce ici l'orgueil mal placé de l'aristocratie de son temps ; les nobles sont capables de prendre des décisions absurdes, simplement pour l'honneur, sans tenir compte des faits, indépendamment de la réalité qui se déroule sous leurs yeux.

Le dernier chapitre

Au cours du chapitre 30, Candide achète la liberté de l'hideuse Cunégonde, qu'il épouse bien qu'il ne l'aime plus. Après avoir envoyé le baron aux galères, il dépense ses derniers diamants de l'Eldorado pour acquérir une métairie. Tous ses proches s'y réfugient : Pangloss, Paquette, le frère Giroflée, Martin, Cunégonde.

Candide et ses compagnons d'aventures souffrent des tragédies qu'ils ont vécues. Mais ils rencontrent un vieux sage qui leur explique qu'il ne se mêle pas des affaires du monde et que pour cette raison, il est heureux. Le vieillard les invite à mettre à profit son enseignement, qu'il résume par la phrase désormais célèbre : "Il faut cultiver notre jardin"

Analyse et interprétation de Candide

Analyse pessimiste de Candide

Certains y verront une fin triste, presque tragique, car le héros ne sort pas grandi de ses aventures. Il est désillusionné et aigri, au point de ne plus vouloir se mêler au monde extérieur : il cultive son jardin et ne se préoccupe que de sa communauté.

Voltaire a écrit Candide en réaction à l'optimisme de Leibniz. Pour le philosophe allemand, le monde tel qu'il est, avec ses travers et ses drames, est le meilleur des mondes possibles (le monde est imparfait, mais le dieu qui l'a créé est parfait).

En créant la figure de Pangloss, Voltaire crée une caricature de Leibniz, un philosophe certes savant mais dépourvu de sagesse : ce personnage rapporte des opinions à grand renfort d'arguments d'autorité et garde son optimisme contre vents et marées, malgré toutes les horreurs dont il est témoin. Pour lui, il faut accepter le monde tel qu'il est, car il ne saurait être meilleur.

La récompense de Candide et ses compères est dérisoire, insignifiante et en quelque sorte cruelle : une simple métairie, des pistaches en guise de repas, la compagnie d'un faux philosophe (Pangloss), une femme laide pour le héros qu'est Candide, des métiers ordinaires voire dégradants (Cunégonde, fille de baron, termine sa vie en pâtissière. Si ce métier manuelle est vanté par Voltaire, ça n'est pas un métier pour une "dame du monde").

Voltaire préfère l'idée selon laquelle le monde est bien horrible (en témoigne les mésaventures de Candide et ses compagnons), mais que la femme et l'homme sont capables de surmonter l'adversité. En d'autres termes, chacun est capable d'améliorer sa condition, aussi déplorable soit-elle ; ce qui nous conduit à donner un éclairage positif de la fin.

Analyse optimiste de Candide

On peut aussi faire une lecture résolument optimiste de la fin du conte. Après tout, le livre s'appelle bien Candide ou l'optimisme. On sait que Voltaire avait un faible pour l'ironie, entre autres parce qu'elle lui permettait de contourner la censure. Mais la fin semble en être dépourvue et l'auteur termine sur une note d'espérance : en cultivant son jardin, on peut atteindre le bonheur.

Candide est bien un héros dans le sens où il a surmonté des épreuves. Sa récompense : un retour chez soi et un lieu où se retirer du monde, en compagnie des siens.

Un happy ending : Voltaire fait en sorte que la fin soit heureuse, dans la mesure du possible. Il met en avant les talents de tous les personnages : "chacun se mit à exercer ses talents", condition nécessaire pour s'épanouir par le travail, qui selon les mots de l'auteur, "éloigne de nous trois grands maux, l'ennui, le vice et le besoin"

Candide, l'élève, dépasse Pangloss, le maître : il lui coupe la parole, réfléchit par lui-même et incarne l'un des principes des Lumières, qui veut qu'un individu soit capable de penser et décider son propre sort, sans avoir recours au système philosophique ou religieux.

La morale de Candide ou l'Optimisme

La pensée doit déboucher sur l'action

L'optimisme abstrait et exacerbé ne rend pas compte de la réalité. Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ; mais on peut agir sur le monde, en organisant le travail au sein d'une communauté solidaire. Candide tente de ramener Pangloss sur terre, en l'incitant à cultiver le jardin avec les autres, plutôt que de tourner en rond, en générant des pensées stériles et dépourvues d'effet bénéfique. La pensée doit déboucher sur l'action. Contrairement au verbiage de Pangloss, qui se réfère aux systèmes philosophiques et aux textes sacrés, Candide réfléchit par lui-même et agit sur le réel, pour le bien de tous.

L'ambition est un vice

L'ambition est source de maux : il faut éviter les "grandeurs dangereuses" dont parle Pangloss. Mieux vaut mener une vie modeste, à l'écart du grand monde. "La petite terre (agriculture) rapporte beaucoup", tandis que l'aventure tue.

Le travail manuel est vertueux

Le travail, en particulier manuel, est nécessaire pour s'éviter les principales souffrances de l'homme et atteindre le bonheur : il faut cultiver son jardin. Chacun joue un rôle au sein de la communauté et met ses talents au service des. Travail et vie communautaire sont les deux grandes valeurs que Voltaire met en avant dans Candide. et qui permettent à l'homme de vivre heureux dans un monde hostile.

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3 commentaires
Valorisation :
jp
ça me rappelle le lycée !
intéressant comme tout ce voltaire !
Valorisation :
cecile
Cool comme analise !
Valorisation :
kevin
cool ! je l etudie cet anné !

Quelle est la morale de Candide de Voltaire
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